Ce matin, je me suis levée avec dans mon estomac une boule d’angoisse que je connais bien.

Quand je la sens, je ne veux qu’une chose : qu’elle se calme, s’apaise, s’en aille.

Ce matin, la reconnaissant, j’ai décidé de la rencontrer, la regarder. Que viens tu me dire ?

Dans cette boule d’angoisse, je rencontre une des petites filles intérieures qui m’habitent.

Celle-ci je ne l’avais jamais rencontré.

Elle a 8 ans. Elle ressemble à une enfant sauvage. Elle avait réussi à se cacher jusque là.

Ses mots sont clairs : je ne fais confiance en personne, même pas à toi.

Les autres petites filles intérieures que j’ai rencontré, je les ai apprivoisé. Elles ont toutes été heureuses de me retrouver.

Mais elle, elle me montre que quand on l’approche, ce qui monte en elle, c est l’envie de tuer. Elle me dit de me méfier.

Alors je lui dis que je ne vais pas m’approcher, que je vais rester ici sans la toucher.

Elle me regarde de biais. Elle continue de me montrer son envie de tuer, sa tristesse aussi de devoir sans arrêt faire attention, se protéger, ne jamais être en paix.

Elle se vit comme une enfant sauvage, seule, dans une forêt pleine de dangers.

Elle aimerait tant se reposer, mais elle ne peut pas. Elle ne fait confiance à personne, même pas à moi.

Elle a envie de le dire, et de le répéter.

Elle est en colère contre moi, elle dit que je ne l’ai pas protégé. Qu’à trop vouloir vivre dans mes rêves et mes illusions, j’ai oublié de la protéger.

Elle a du se protéger seule et elle n’a plus confiance en moi.

“Comment faire confiance si tu refuses de voir les dangers ? Si tu préfères tes illusions plutôt que voir la réalité ? Si tu me laisses tout porter, tout scruter ?

Je suis épuisée. Je guette tout, je repousse tout par sécurité, sans savoir vraiment d’où vient ou non le danger.

Personne ne peut approcher, personne, même pas toi. Mais à quoi bon vivre tout ça, si c’est pour vivre dans une peur permanente d’être mangée.”

Elle est épuisée, agacée, révoltée.

Elle m’en veut de ne pas l’avoir protégé, de n’avoir pas voulu voir les dangers, d’avancer dans ma vie à l’aveugle comme une enfant gaie, alors qu’elle guette sans arrêt, sans jamais se reposer.

Elle m’en veut d’être sans cesse en train d’oublier.

Elle me demande quand est ce que je vais prendre ma responsabilité ?

Quand est-ce que moi, adulte, je vais défendre son territoire, pour qu’elle puisse enfin s’y détendre, s’y déployer ? Quand est-ce qu’enfin c est moi qui vais la protéger ?

Elle m’en veut. Aucune parole ne sauront l’apaiser je le sais.

Elle veut des actes, des preuves, des faits. Voir qu’enfin j arrête de rêver. Elle veut savoir que sur moi, elle peut compter.

Elle me demande ce qu’aux autres, j’ai si souvent demandé 🙏

Merci à toi, petit enfant sauvage tant aimée, d’avoir bien voulu te montrer, de m’avoir partagé ce que tu attendais.

Laisse moi le temps d’assimiler et de voir à quoi tout ça peut ressembler. Je vais apprendre de toi, me rappeler comment tu as fais.

Défendre où c’est nécessaire, planter mes piquets, délimiter mon territoire de paix, construire ma sérénité, pour qu’enfin tu puisses te reposer et ressentir qu’enfin sur moi tu peux compter.

Je ne sais pas encore quoi, ni comment, mais peut-être accepteras tu de me montrer ta vérité, les dangers que je dois apprendre à regarder.

J’accepte enfin de t’écouter.

Je n’ai plus peur de toi. J’ai compris qu’on avance ensemble. Je ne te demanderai plus de te taire pour vivre dans l’histoire que j ai envie de me raconter.

Je sais que juste les actes sauront la rassurer.

Je t’aime, et merci d’être qui tu es 🙏🙏🙏

Merci d’avoir accepté de te montrer, de me parler.

Je sais tout l’amour que par ces mots tu m’as témoigné ❤️✨

 

Liz Perret