Quels sont les secrets que je voulais te cacher ? Quelle vérité j’ai envie de faire l’expérience de dévoiler ?

Qu’est ce que je ne te dis pas qui pourrait valoir la peine d’être dit, libéré, partagé?

Je ne te dis pas que j’ai beau avoir un regard très avisé pour trouver la Pépite des autres, je me pose encore des questions sur mon identité.

Je ne dis pas je suis experte pour trouver les mots des autres, mais quand il s’agit de moi, mes doutes me paralysent, et je me sens coupée de ces mots j’aime pourtant tant assembler.

Je ne dis pas que je me demande parfois si je ne fais pas ça parce que j’aimerais que quelqu’un le fasse pour moi. M’aider à y voir clair, à savoir ce que je permets dans le subtil et qui le plus aider. J’aimerais qu’une personne comme moi m’offre cette conscience spirituelle en plus, et m’aide à formuler. Ça, je ne le dis pas.

Je ne dis pas non plus mon histoire à moi, tout ce qui fait que je suis ici, là, à parler avec toi.

Je ne dis pas que j ai vécu des années dans la peur d’un homme, de la colère, de la violence, de l’alcool, de la folie et dans la peur pour mes enfants. Je ne dis pas que je vivais sans arrêt dans la culpabilité de ne pas assez les protéger, de ne pas réussir suffisamment à me positionner… Et la culpabilité de culpabiliser.

Je ne dis pas qu’au fil de ces années, j avais l’impression d avoir oublié qui j’étais, que la peur et la dépendance, l’impression que je ne pouvais pas vivre sans lui, m’avait fait oublier qui j’étais. Ça, c’est moi qui l’avait créé.

Je ne dis pas à quel point je ne savais plus qui j’étais et que ce fut tout un chemin pour moi de couper ce lien intérieur, de me reconstituer, de retrouver du sens dans cette vie que j’avais. Du sens pour moi, car au début le seul que j’y voyais, c’était ces 2 enfants à mes côtés.

Je ne dis pas la honte à dire la vérité, la honte de vivre cette réalité… qui m a longtemps fait rester sans mots. Comme un processus de survie qui m avait gardé paralysée, la peur de ce que les mots pourraient créer et révéler.

Je ne dis pas que même après la séparation, j’ai vécu les menaces de morts, les insultes, les violences. Je ne dis pas que, malgré cela, j’étais déterminé à ne plus m abandonner et à me trouver.

Je ne dis pas que c’est grâce à tout ça, que je suis partie me chercher. Je voulais montrer à mes enfants qui j’étais, avoir un vrai modèle, d adulte, de femme, de personne, à leur proposer. Mais pour ça, c’était à moi de trouver qui j’étais.

Je ne dis pas que mon manque d estime de moi et mon insécurité extrême avaient créé cette réalité. Je ne dis pas que dans ma tête toutes les phrases qui existaient ne faisaient que me rabaisser.

Je ne dis pas qu’un jour, alors que je commençais à ressentir de la fierté d’être de plus en plus proche de moi, ma fille est partie vivre chez son père pour apprendre d’un autre être que moi, pour combler en elle ce vide que je ne pouvais compenser.

Je ne dis pas que peu à peu elle s’est mise à me détester. Désormais, comme son père l’avait fait, elle m’insultait, me mentait, me rabaissait, me dénigrait. Elle riait même de réussir à me manipuler.

Je ne dis pas comme je me suis sentie impuissante, et comme j’étais paralysée quand elle manifestait envers moi cette même violence dans les mots qui m’avait autrefois décomposée.

Je ne dis pas qu’à ce moment j ai réalisé qu’en devenant maman je lui avais demandé de me sécuriser en me montrant qu’elle m aimait. Je lui avais demandé de donner du sens à ma vie. Elle rendait le tablier.

J’avais choisi une vie de liberté, pour eux et pour moi. Une vie à vivre ensemble et à faire de mon mieux pour offrir un terrain fertile à mes enfants. Pour tout ça, elle m’en voulait. Elle se sentait différente. Elle aurait voulu que je lui offre autre chose, la vie “comme tout le monde” dont elle se sentait éloignée.

Je n’avais pas un “vraie” travail, pas assez d’argent à son goût, pas de maison, juste des rêves plein la tête et une foi immense dans le cœur : une foi en eux infinie, et une foi en moi qui grandissait.

Je ne dis pas que dans ces mots, au delà de tous ces fait, c’était moi, “qui je suis” qu’elle repoussait. Comme son père l avait fait, elle posait ces mots : “je n’aime pas qui tu es”.

Selon elle, je n’étais rien, personne, pas quelqu’un digne d’exister. Je n’avais qu’à me suicider. Je ne dis pas que ma gorge se serre quand je retranscris ces mots.

Je ne dis pas le sentiment d’échec que j’avais, le sentiment que tout ce pour quoi j’avais œuvré avait été détruit. Je ne dis pas l’envie de mourir qui m’habitait. Je ne dis pas la honte que j’ai ressenti à avoir passé tant d’années à faire de mon mieux pour devenir la maman que je voulais être, et en arriver là.

Je ne dis pas la colère et l’injustice que je ressentais. Je ne dis pas la douleur immense qui me brulait. Je ne dis pas à quel point je me suis sentie nulle, minable, et comme la culpabilité me revenait : celle de n’avoir pas su la protéger et de n’avoir pas su voir venir le danger.

Je ne dis pas que j’avais tellement mal d’être à ce point jugé, rejeté, sur tout ce qui m’avait permis de me construire une identité.

Je ne dis pas qu’à ce moment là, j avais l’impression qu’on m’avait tué, et que c’était pour moi la pire des choses qui pouvait arriver. Je ne dis pas que j ai passé des mois à être en colère d’avoir l’impression qu’elle me demandait de m’excuser d’être qui j’étais.

Je ne dis que que je culpabilisais d’être en colère contre mon enfant, que j’avais honte de me sentir la pire des mamans du monde. Je ne dis pas qu’après ça , je n’ai plus une seule fois osé parler de Parentalité. Je ne dis pas à quel point tout ça fut un traumatisme qui m a blessé, écorché, tué dans ma maternité.

Je ne dis pas à quel point j ai pleuré, à quel point j avais chaque jour envie de hurler, à quel point j avais envie de mourir tellement la douleur me ravageait.

Je ne dis pas que malgré cela, je suis restée droite, je suis restée à côté d’elle, à avoir mal, mais à l’écouter, à être rejetée mais à continuer à l’aimer, et à lui dire que je l’aimais. Je ne dis pas que j’ai fais de mon mieux, comme je pouvais, encore une fois pour tenter de me rapprocher de la maman que je voulais incarner. Je ne dis pas que malgré ma détermination, je n’ai rien fais de parfait.

Je ne dis pas non plus que malgré tout ça, la guerre contre moi s’est encore intensifié.
Cette fois, la justice a été convié à regarder, observer, juger de ce que j’avais à proposer.

Trop d inconformités, trop d’insécurité selon leurs yeux à eux. J’ai fais un choix, celui de montrer ma vérité, parce que vraiment ces choix au plus profond de moi, j y croyais, et je suis même fière de ce qu’ils ont créé.

Alors, ils ont tranchés, mes 2 enfants devaient changer de foyer. Même ce petit homme qui avait été depuis son enfance insulté et rabaissé par son père. Lui aussi devait y aller, son avis n’était pas demandé.
Je ne dis pas que, grâce à cet événement là, j ai trouvé une force incroyable en moi. J ai compris que mon bonheur ne venait d aucun élément extérieur, et que malgré tout je pouvais vivre, être heureuse et rire à volonté.
Je ne dis pas que j’ai réalisé cela, car c’était le seul pouvoir qu’il me restait.
Perdre, être accusée, de plus rien avoir à prouver m a permis de toucher en moi que quoiqu il arrive, j existe, je suis en vie, et rien ni personne ne peut me le retirer.

J’avais perdu ce qui me semblait le plus précieux, mais il me restait moi, ma vie, ma capacité à vivre au delà de mon regard sur ma réalité.

Je ne dis pas que cette décision m a permis de découvrir la liberté, celle qui n exige rien de l extérieur. La liberté de son bonheur, qui par rien conditionné.

Je ne dis pas que j’ai pris le travail pour m’aider à avancer, à retrouver une confiance en moi dans quelque chose que je fais… Peut être aussi que j’offre à tous ces gens les mots que je n ai pas su poser.

Je ne dis pas que dans cette activité, je cherchais en vain mon identité et qu’évidemment, ce n’est qu’en moi qu’elle est, pas non plus dans mes projets.

Je ne dis pas que souvent encore je me sens coupable de tout ça, de ne pas avoir réussi à leur offrir la vie sereine que je voulais, ou de ne pas les avoir assez protégé quand je les vois abîmés.

Je ne dis pas que je pleure régulièrement de cette douleur de m être coupée intérieurement de ma maternité. Je ne dis pas que je me ressens encore parfois la pire des mamans du monde… Et qu’une fois mes larmes coulées, je repars dans ma vie, le sourire au lèvres et en paix.

Je ne dis pas que tout ça, c’est ma plus grande leçon de vie, et que c’est depuis ce jour qui m a semble l apothéose d un autre monde, que ma vie s’est transformé. Grâce à tout ça, j ai contacté mon pouvoir, celui sur lequel rien ni personne ne peut influer.

Ma réalité a vraiment pu changer, à partir de cet espace là. Cet espace où mon bien être, mon bonheur, mon épanouissement ne dépendent à aucun moment de ma réalité. J’ai trouvé dans une réalité si loin de ce que j’avais voulu créer, ce pouvoir et cette liberté intérieure qu’à l’extérieur j’avais cherché.

J’ai appris à ne plus me sentir coupable d’être joyeuse, même quand l extérieur semble me montrer une autre réalité. J ai appris à rire en même temps que je voulais pleurer. J ai appris que la vie, c est ça aussi… Et j avais envie de te le dire 💗

Aujourd’hui, ma plus grande fierté, C est que malgré la tempête, je suis restée celle que je suis, quoiqu’il en coûtait ✨ je suis restée moi et fidèle à ce que je ressentais.

Il arrive parfois que nos vies ressemblent à un cauchemar, qu’on ait l impression qu’on est qu’à un fil de tomber… Il arrive qu’on s’étonne que le fil soit si solide et qu’aussi longtemps il arrive à nous porter. Alors on se rend compte que ce fil, cette force en soi est bien plus forte que ce qu’on pensait. Peut être cette force vient du “qui je suis” qu’on a oublié ? Je suis forte, courageuse et pleine d’amour aujourd’hui je le sais. J’ai pu le rencontrer.

Je ne sais pas vraiment à quoi cela sert de dire tout ça. Je ne sais pas si ça a du sens vraiment de partager ça. Cette vérité brute sans savoir en tirer plus de sens dans une direction, comme je l’aimerais. Mais je m’offre cette espace d’expérimentation pour découvrir ce qui peut se créer en partageant mon regard sur ma réalité.

 

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