J’ai rencontré l’adolescente.

Cette adolescente que j’étais.

En colère contre sa réalité, contre son manque de sens et sa banalité.

« Pourquoi je suis là pour vivre ça ?

Moi je n ai rien demandé. Ni à vivre, ni à exister.

Et si on me laissait simplement mourir, partir, ne plus exister. »

J’ai grandi avec cette peur de mourir, la peur de la maladie, de l’accident.

Comme si quelque chose me disait que ça allait arriver.

Mais peut être sans doute que je l’attendais, ce moment qui viendrait me libérer.

Cet espace de vie, je ne voyais à quoi il servait.

Pourquoi j’étais là? Pourquoi je semblais être la seule à ne pas apprécier?

Cette adolescente là, arborant pourtant un beau sourire, elle aurait simplement vouloir qu’on l’autorise à ne plus exister, à ne plus subir ce vide que ce monde semblait habiter.

Elle voulait simplement se sentir exister, et surtout se sentir aimée.

Pourquoi moi tellement je m’ennuyais, alors que les autres semblaient s’amuser de tant de banalités?

Pourquoi rien ne me ramenait à cette vie qui semblait si fade et sans aspérité ?

C’est sans doute pour ça aussi que je n’ai pas mis mes enfants à l’école.

Pour sortir de cette vie toujours pareil où rien ne te réveille, où tout n’est que figé.

Quand je suis tombée amoureuse la première fois, j’avais l impression de l’avoir enfin touchée, cette sensation d’être vivante.

Alors je suis devenue comme une droguée.

Droguée à cette émotion, cette sensation, qui me donne l’impression d’exister.

Tirée par ces fils, j’ai amené à moi des joies intenses et des douleurs profondes.

Je sens au fond de moi que j’ai sans doute créé ça pour continuer à exister, pour susciter cette sensation d’être là, vivante, en vie.

Je réalise aussi comme ce mécanisme là m’a empêché de construire certaines choses.

Privilégiant cette émotion, affamée, assoiffée, il n’y a que ça qui comptait, le reste je m’en fichais.

Je voulais juste ressentir cette dope là, celle où je me sens exister.

Derrière tout ça, il y a l’ado.

Derrière tout ça, il y a l’envie de ne pas vivre ce que je vis, ma réalité.

Derrière tout ça, il y a l’envie de mourir.

Derrière tout ça il y a cette réalité, que sans tout ça, je ne me sens pas exister.

Il y a aussi la peur de ce vide, et de cette intensité face au vide.

Face à ce gouffre immense qui semble vouloir m’emporter.

Comme si derrière cette quête effrénée, il y a surtout la question : à quoi ça sert d exister?

Alors j’ai cherché dans les gens, les situations, ceux que j’aimais, une raison, une motivation, un alibi pour tenter de vivre ça moi aussi, le plaisir d’exister.

Comment prendre plaisir dans la réalité?

Comment se sentir exalté sans cette intensité ?

Comment me sentir vivante dans la simplicité?

J ai pu toucher l’endroit où l adolescente continuait à exister, empêchant la femme de se déployer, d’assumer sa vie, sa réalité et ses responsabilités.

Je sens ces fils qui ont guidé ma vie et mes choix s’éclairer, se dénouer.

Je ne sais pas encore où ça ira, mais je sais que j’ai trouvé l émotion à aller consoler 🙏💖✨

 

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