Hier, je me suis levée décalée, à côté de mes pompes, à côté de moi.

Je sens quand tout se décale en moi. Parfois ça prend plusieurs jours à conscientiser, cette fois j’ai rapidement senti ce qui s’était passé.

Je me lève fatiguée, l’envie de rien, le moral dans les chaussettes… l’envie de ne rien faire, de traîner sur les écrans, mais la culpabilité me dit de travailler.

J’ai des choses à faire, mais le cœur n’y est pas. Je suis dans un entre deux dans lequel je n’arrive pas à me situer.

Dans ces moments là, je me mets à redouter de tout : mes choix, ma vie, mes envies. Je deviens perdue. J’ai envie de partir, de tout laisser, de tout envoyer balader. Pourquoi un tel changement si rapide ? Je me suis décalée.

Alors que s’est il passé ? Hier soir l’insomnie est là. Je n’arrive pas à trouver le sommeil. Ma tête tourne en rond. Je retrace le chemin de ces dernières heures. Il n’y aurait-il pas une émotions cachée sous cette énergie d’évasion, de sortie de ma vie ?

Quand ce mouvement est en action, mes pensées et mes doutes prennent toute la place. Je ne ressens plus, je ne suis plus là, ici, maintenant. Je suis dans un entre deux que je ne saurais nommer.

À ce moment là, l’ancrage s en va, je m’échappe de mon corps, de l’instant qui se vit. Je me réfugie. Alors oui, tout semble laisser penser qu’une émotion s’est logée dans cette difficulté.

Couchée, n’arrivant pas à trouver le sommeil, je m’écoute, je pars rencontrer cette émotion bloquée en moi qui inconsciemment m’invite à m’échapper de mon corps et de mon quotidien.

Même mon corps ne semble pas respirer, et ma peau est devenue tellement sèche. Il n’est finalement pas si fluide, ce nouvel ancrage touché.

Je rencontre en moi des espaces de nombreuses couleurs : l’épuisement et la résignation face aux moments de conflits avec ma fille.

Dans le concret, c’est pas tout le temps, mais pour moi, c est très pesant. Ce n’est pas ça que j’ai envie de vivre et partager.

Il y a aussi des espoirs et des peurs mêlées. Où est ce que je vais?

J ai besoin d’une direction dans ma vie, de décisions, de savoir où je vais. Je n’en peux plus d’airer à espérer. J’ai besoin de m’autoriser à aller vers ce qui me fait rêver.

Seras-tu à mes côtés ? Tu me manques et à la fois j’ ai peur. J attends ton arrivée, le souffle coupé.

Il me revient encore et toujours cette envie de voyage et de mobilité.

Je réalise comme le quotidien me perd, m’ennuie. J ai besoin de nouveauté.

Ou alors est ce encore une façon de m échapper ? Peu importe, je sens que ça, j’ai besoin d’aller le rencontrer, me rencontrer, même si c’était cette conclusion que j’allais trouver.

Cela éveille aussi des peurs chez moi, ceux que j’aime voudront ils m’accompagner ? Dois je me perdre, vous choisir, ou me laisser de côté ? Quoi vous offrir dans ce mutisme que je me suis obligé ?

 

 Comment mettre du vivant, du vibrant dans mon quotidien ? Pourquoi est-ce je m’ennuie si vite dans ce qui est répété ? Comment donner de la saveur à ce que je connais ?

Sans doute tout cela manque de sens pour moi, et de vérité.

Et qu’à chaque fois que je tente d’en redonner, ou de remplir cette ennui, de l’occuper, je me rends compte qu’à chaque fois, c’est toujours une nouvelle stratégie pour m’en échapper.

Ce matin, je prends le temps d’être là, de conscientiser, de revenir à moi. Je masse mon corps, mes pieds, je ramène mon attention à ici et maintenant, et j’observe cette conscience qui a envie de s’évader. J’accepte de faire face à mon ennui, à cette démobilisation intérieure qui semble s’installer.

Ok, je te laisse la place, montre-moi ce qui m’effraie, montre-moi tous ces endroits qui me font vouloir sortir de ce corps qui est le réceptacle de la vie, mais dont je m’échappe sans arrêt.

De quoi est-ce que je cherche à me protéger ? Montre-moi cette peur qui revient sans cesse et dont je cherche à me cacher.

Cette fuite n’a plus de sens, elle m’empêche d’apprécier. Alors oui, douce peur, j accepte de te rencontrer ❤️

Liz Perret

 

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